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Interview de Erwan Moysan
C.T.O. QEDSoft Inc.
Nom : Moysan
Prénom : Erwan
Age : 33 ans
Profession : Directeur de la filiale Europe de QEDSoft
Formation : DEA en informatique suivi d'une thèse
en Systèmes d'exploitation
Passions : le cinéma en images de synthèse
Sites web : http://www.qedsoft.com
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QEDSoft a été
créée en 1999. Elle emploie aujourd’hui 20 personnes en tout,
son siège est à San Francisco et son équipe de développement
est en France. QEDSoft est aussi présente au Japon via des partenaires
locaux.
Nous recueillons les propos de Erwan Moysan, directeur de la filiale Europe.
Erwan est aussi techniquement à l’origine de la technologie QEDSoft.
QEDSoft est spécialisé dans la présentation d’Avatar.
Vous avez peut-être déjà rencontré sur le Web un
de ces personnages animés en 3D, doués de la parole (même
avec un modem 56 K !!), plein écran qui viennent s’incruster dans votre
navigateur pour vous présenter (de manière fort agréable)
le contenu du site que vous visitez.
Cette technologie nous propose des contenus 3D téléchargés
en stream (en flux) sur le poste de l'internaute. Cela permet de limiter le
temps de téléchargement et d'avoir des animations (et le son en
+) aussi longue que nécessaire.

La position de QEDSoft sur le marché de la Web3d
Jean-Michel Flamant : Votre plug-in 3D est puissant, il permet de restituer
un personnage complexe et animé en plein écran sur un PC «
moyen ». Sur votre site, vous ne mettez en avant que la présentation
d’Avatar 3D. Quelles sont les autres possibilités de votre solution (objets
? Mondes immersifs ? Jeux 3d ?)?
Erwan Moysan : L’avatar est ce qu’il y a de plus
complexe a obtenir, du fait de l’habitude de notre œil à tout ce qui
est lié au mouvement humain. Autant il nous est facile de repérer
le moindre défaut visuel avec un avatar, autant nous sommes beaucoup
moins exigeants avec une théière, une chaussure de sport ou même
un magasin en 3D. QEDSoft a donc choisi la difficulté avec les avatars,
mais qui peut le plus peut le moins et il nous est très simple d’afficher
des objets ou des mondes en 3D, c’est beaucoup plus facile.
JM : Votre solution est donc ouverte à d’autres usages. Pourquoi
donc ne les mettez-vous pas en avant, simplement en ajoutant quelques démos
sur votre site ?
EM : Par choix stratégique avant tout, car
nous pensons que la 3D doit rester une interface homme-service, et que l’avatar
est le meilleur moyen d’humaniser le contenu. Personne ne souhaite faire la
queue dans un supermarché en 3D, mais tout le monde souhaite comprendre
en quelques secondes de quoi il retourne sur un site web. Ces démos existent
cependant et sont disponibles chez nos clients ou chez nous sur simple demande.
JM : Vous pensez donc que des Cycore (Cult3D) ou des Viewpoint font
fausse route en axant leur stratégie sur la présentation d’objets
?
EM : Non, ils ont les meilleurs produits du domaine,
mais faire tourner un sac à dos en 3D sur un site web apporte peu d’information,
en fait. L’assistance et l’explication manquent toujours.
JM : Il y a trois ans, lorsque vous avez démarré, vous
étiez seul sur le marché des Avatars. Aujourd’hui, des concurrents
semblent se placer dans le même secteur que vous (Mediaphora, Living actors
…). Quels sont vos différences et vos points forts par rapport à
ces technologies ?
EM : Ce sont des gens que je connais depuis longtemps,
surtout la Cantoche (Living Actor) qui étaient même des collègues
il y a pas longtemps. Ils font du très bon boulot et visent un public
similaire, avec des moyens différents. Nous avons choisi la liberté
(nous proposons la technologie) des auteurs tandis qu’ils proposent le service
clé en main.
JM : Quelle est votre politique de licence ?
EM : La licence est celle des logiciels. Vous achetez
le studio et/ou nos serveurs et vous êtes libres de toute exploitation.
Pas de taxe sur le succès ou autre aberration encore pratiquées
par certains.
NDR : QedStudio : 4500 - Serveur : 7990 - Mixer : 5990
JM : Beaucoup d'éditeurs Web3D basent leur modèle économique
sur la location d'une technologie ou le paiment à l'usage. De votre côté,
une fois la licence vendue, vous ne percevez plus un sou. Etes vous certain
d'assurer le modèle économique de QedSoft ?
EM : Le paiement à la vente d'une licence est
le seul modéle économique accepté par les clients. Les
éditeurs qui proposent d'autres principes doivent souvent se plier aux
exigences de leur prospect lors de la signature d'un contrat.
JM : Vous êtes éditeurs, mais prenez-vous aussi la partie
intégration pour certains projets ?
EM : Parfois, si le cas se présente, auquel
cas nous sous-traitons auprès de nos clients et partenaires.
Ce n’est pas notre métier et nous ne souhaitons pas que cela le devienne.
Méthode de production
JM : Pour créer des contenus pour QedPlayer,
nous devons donc modéliser et animer un personnage sur un modeleur
(par exemple 3DS), puis l’exporter. C’est bien cela ? Quels modeleurs supportez-vous
(et jusqu’où ?) ?
EM : Nous supportons 3DSMAX, Maya, Lightwave,
Cinema4D et Filmbox. D’autres sont en cours de support, mais représentent
une part de marché plus faible. Filmbox est lu nativement par nos
logiciels grace à un partenariat stratégique entre nos sociétés.
Je dirai que nous supportons tout ce qui est possible. En effet, certains
logiciels ne nous laissent pas tout faire. Mais, en gros nous pouvons exporter
tout ce qui est utile pour afficher un avatar de qualité sur internet,
c'est-à-dire le mesh, les sub-objects, les matériaux, les
texture, le skinning, le morphing, les animations de caméra, les
caméras, les lumières. Si un client a besoin d’un export particulier,
nous le faisons généralement immédiatement. |
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JM : Comment synchronise-t-on le son de l’avatar ensuite ?
EM : Dans l’outil QED Studio, par une simple importation
du son et son placement dans la timeline.
JM : Très bien. Dans les références que nous avons
pu visiter, l’animation de l’avatar semble « mono bloc », la jolie
présentatrice nous déballe son discours puis s’en va. N’y a t
il un moyen de rendre l’avatar « plus intelligent », en gérant,
à partir de la page web, des morceaux d’animations ou de phrase qu’il
serait possible de mettre bout à bout. Cette possibilité permettrait
de gérer une vraie interactivité avec l’utilisateur !
EM : C’est le rôle du serveur et particulièrement
du Mixeur. A partir d’une bibliothèque de 3D, de sons, de scénarii,
le webmaster ou l’utilisateur a la possibilité de générer
un stream personnalisé à la volée. Le tout accompagné
des fonctions d’interaction du player permet d’obtenir le maximum de flexibilité
tout en réduisant les prix au maximum. Grâce au Mixeur, il est
possible de créer des avatars ayant des réactions différentes
en fonction du profil de l'internaute ou de ses choix précédents
sur le site.
Actualité, projets, avenir
JM : Quelles sont vos dernières références consultables
ou dernièrement signées ?
EM : Un de nos derniers clients nous fait très
plaisir, puisqu’il s’agit de Disney R&D en Californie. Sinon, l’Asie semble
être le continent le plus actif aujourd’hui et des noms comme Japan Air
Lines, Sony PCL ou encore Mitsui sont de belles références. Un
énorme distributeur Japonais, Nissho Electronics, nous a fait l’honneur
de souhaiter nous représenter là-bas. En Europe, les projets sont
encore confidentiels, mais nous attendons de très belles choses sur de
nouveaux supports. Aux USA, le marché est excessivement lent.
JM : Pouvez vous nous exposer quelles sont vos prochaines innovations
dans le domaine du Web et de la 3D ?
EM : Nous travaillons sur plusieurs projets dont
certains comme le liveevent (streaming de motion capture en direct), ou le wireless,
sont public. Mais les travaux qui sont sous-jacent sont eux confidentiels. Le
marché n’a pas choisi son standard et la concurrence est rude.
LiveEvent : imaginez une chaîne de magasins qui doit animer une
promotion ou un événement sur toute la France. L’animateur (l’acteur)
se trouve à un seul endroit en France, ses mouvements (corps, têtes,
bouche …) et ses paroles sont appliqués à un avatar affiché
en temps réel dans l’ensemble des magasins. D'une part, la solution réduit
considérablement les coups de déplacement et de formation des
animateurs, d'autre part, le débit réseau, par rapport à
une vidéo, est beaucoup moins important, l’infrastructure est donc elle
aussi moins coûteuse.
JM : Quelles sont vos avancées dans le domaine très convoité
du Wireless (téléphone potable, PDA etc.) ?
EM : Nous pouvons dire que nous avons des prototypes
fonctionnels sur différentes plateformes, dont les PocketPC. Nous travaillons
également avec plusieurs opérateurs dans le monde sur des nouveaux
services multimédia sur téléphone mobile. Toutefois, ces
accords sont encore confidentiels.
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JM : Le marché de la 3D sur le web n’a jamais été
aussi morose ces derniers mois. Beaucoup d’éditeurs (3D et autres
d’ailleurs) se tournent vers le marché du Wireless en pensant qu’il
sera possible de gagner de l’argent d’ici un ou deux ans.
Ne croyez-vous pas que ce phénomène est simplement une nouvelle
mode, présentée comme que le nouvel Eldorado de la nouvelle
économie. Ce marché ne risque-t-il pas de s’essouffler par
manque de temps (les technologies UMTS tardant à venir) ou par
manque d’engouement des utilisateurs ?
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EM : Je suis d’accord avec la morosité
du web, phénomène aussi inexplicable que la flambée qui
a existé jusqu’en mars 2001. En ce qui concerne le wireless, il existe
aujourd’hui une vraie demande de la part des utilisateurs pour des mobiles plus
puissants et multimédia. Plusieurs pays ont déjà la possibilité
d’utiliser ces mobiles, notamment en asie, et le marché existe. Attendre
l’UMTS reviendrait à attendre le haut-débit pour tous sur internet,
il faudra du temps et certains en souffriront.
Aujourd’hui QEDSoft a des solutions qui fonctionnent en bas-débit sur
wireless, comme nous avions des solutions bas-débit sur internet. Nous
sommes prêts et travaillons depuis longtemps sur le sujet. N’oublions
pas qu’en France, par exemple, il y aura le GPRS et peut-être l’iMode
avant l’UMTS, et c’est déjà très bien.
JM : Voyez-vous arriver une reprise de l’activité 3D sur le Web
?
EM : Depuis quelques semaines, nous constatons une
réelle reprise du coté de WireLess. Malheureusement, du coté
du Web et de la 3D, l'intérêt tarde à revenir. L'image du
Web a beaucoup souffert depuis l' "effrondrement" de la nouvelle économie
du côté des investisseurs. C'est regrettable, car le Web possède
encore un potentiel énorme !
JM : Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions, n’hésitez
pas à venir vous venir vous exprimer dans nos pages.
EM : Avec plaisir. Vous pouvez en attendant télécharger
des versions d’évaluation de nos produits sur notre
site web. A bientôt.
Coordonnées de QEDSoft :
Site : http://www.qedsoft.com
Europe: QEDSOFT Europe - 6 Passage Tenaille - FRANCE
USA: 126 South Park - San Francisco CA 94107 - USA
Phone/FAX: +33 1 45 41 29 86 Mobile: +33 6 63 34 62 78
Interview réalisée par Jean-Michel Flamant
Pour le site http://www.Web3d-fr.com
Le 18/04/2002
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